La presse francophone, toujours aux ordres du régime belge finissant, va encenser aujourd'hui Elio Di Rupo. Enfin un Premier ministre wallon socialiste!
Wallon Di Rupo? Pas vraiment. Il est surtout Belge, aussi Belge que le précédent Premier ministre "wallon", Edmond Leburton. Elio Di Rupo a toujours été plus belge que wallon. N'oublions pas qu'à deux reprises il préféra ne plus diriger la Région wallonne. Le 4 avril 2000, il quitta une première fois ses fonctions de "Premier ministre" wallon pour se concentrer sur sa présidence du Parti socialiste, s'investir plus encore pour sa ville de Mons et retrouver son poste de député fédéral belge. "Rappelé" le 6 octobre 2005 comme "Premier" wallon suite aux affaires de corruption à Charleroi, il préféra à nouveau quitter la fonction de "Premier" wallon pour mieux contrôler l'appareil du PS. Suite au coup de crosse de Guy Spitaels qui demandait à Di Rupo de choisir entre la Région wallonne et la présidence du PS après la défaite aux élections du 10 juin 2007, Elio Di Rupo précipita l'élection à la présidence du PS (qui devait avoir lieu en octobre 2007) pour en reprendre les rênes le 11 juillet 2007. Il démissionna de la Présidence de la région wallonne le 19 juillet 2007 dans l'espoir de prendre sa revanche aux prochaines élections fédérales et devenir enfin Premier ministre, non wallon mais belge! Aujourd'hui, c'est chose faite: Di Rupo a réalisé son rêve américain mais a aussi montré à la Wallonie qu'il n'en a jamais fait sa priorité: devenir Premier ministre belge, oui, fût-ce aux prix de la présidence du PS, rester Ministre-Président de la Wallonie, non! Lorsque les électeurs wallons réaliseront combien ils devront payer en dignité et pouvoir d'achat pour avoir installé un "Wallon" au 16 Rue de la Loi, espérons qu'ils le sanctionneront par une défaite mémorable qui sera à la hauteur des espérances trompées.
Socialiste Di Rupo? Non, il ne l'est plus déjà depuis 1994 lorsqu'il oeuvra à la libéralisation de l'économie belge par les privatisations de Belgacom, puis de la Poste et de la banque du Crédit communal. J'ai toujours été frappé par le fait que le PS et que Di Rupo comme ministre fédéral de l'économie, des entreprises publiques et des télécommunications avait privatisé plus qu'Edouard Balladur en France de 1993 à 1995 et autant que Nicolas Sarkozy ne le fit comme Ministre de l'Economie en 2004. Les fameuses "consolidations stratégiques" voulues par l'équipe Dehaene/Di Rupo, la mise en place des entreprises publiques autonomes, la privatisation des banques publiques ont détricoté la puissance publique et ont contribué à l'emballement des marchés financiers qui a abouti à ce plan d'austérité de 11,3 milliards d'euros que Di Rupo nous impose, plan d'austérité qui aurait fait pâlir d'envie Jean Gol. Le manque à gagner en "services publics" du Belge sera tout de même de plus de 1.060 euros par habitant en 2012. La soumission des Etats aux banques et aux officines d'économistes dans les agences de notation n'a rien de socialiste. S'il y avait une marque déposée "socialiste" avec contrôle de conformité, il est certain que Di Rupo serait "désocialisté". En visionnant une intervention de Di Rupo lors d'un forum social, l'on comprend bien que ce Monsieur n'est pas plus socialiste que les libéraux belges ou français. Regardez la vidéo sur le lien suivant et vous verrez le toupet du personnage (symbolisé par son pull miteux qu'il croyait devoir porter dans le milieu de gauche où il se rendait) link
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